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Accusations d'antisémitisme : Mediapart présente des éléments d'authentification, Bardella continue de démentir
information fournie par AFP 01/10/2026 à 22:07

Le président du RN Jordan Bardella à La Seyne-sur-Mer, dans le Var, le 27 septembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Le président du RN Jordan Bardella à La Seyne-sur-Mer, dans le Var, le 27 septembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Le média d'investigation Mediapart a publié jeudi des éléments d'authentification, via Facebook et un huissier, de messages antisémites datant de 2013 attribués au président du RN Jordan Bardella, dont ce dernier a de nouveau démenti être l'auteur.

Le journal en ligne publie des captures d'écran des messages antisémites qu'aurait envoyés Jordan Bardella à une autre personne sur la plateforme Messenger en 2013.

L'interlocuteur du président du Rassemblement national a demandé à Meta, maison-mère de Facebook, un téléchargement de cette conversation sur Messenger, dont l'extraction a été authentifiée par un huissier, toujours selon Mediapart. Tout utilisateur de plateformes comme Meta a en effet la possibilité de demander un historique de ses échanges, selon les règles de l'Union européenne.

Selon le journal, des éléments biographiques révélés dans les conversations par l'utilisateur du compte prouvent bien qu'il s'agissait du vrai Jordan Bardella : mère née en Italie, mention d'une interview qu'il avait accordée au Parisien en 2013, ou échec au concours de Sciences Po.

"L'extraction de la conversation permet de la dater, d'attester du fait que cette conversation n'a pas été modifiée a posteriori, et de confirmer que l'interlocuteur de la conversation est référencé par Meta/Facebook sous le nom Jordan Bardella. L'analyse de son contenu permettant de vérifier qu'il s'agit bien du véritable Jordan Bardella", assure Mediapart.

Le président du RN, qui conteste depuis le début de la semaine la véracité de ces messages, a maintenu sa ligne jeudi.

"Les pseudo-preuves de Mediapart sont enfin sorties : des montages grossiers, d'obscures captures d'écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n'ai évidemment jamais tenus", a-t-il écrit sur X.

"J'ai chargé mon avocat de déposer plainte pour faux et usage de faux, en plus de la plainte déjà déposée pour diffamation", a-t-il ajouté.

Le parquet de Paris a précisé que la plainte pour diffamation avait bien été déposée.

Le site d'information Mediapart se retrouve à nouveau au centre du jeu politique  ( AFP / JOEL SAGET )

Le site d'information Mediapart se retrouve à nouveau au centre du jeu politique ( AFP / JOEL SAGET )

Le journal en ligne avait publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu'il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti.

De quoi bouleverser la campagne présidentielle du Rassemblement national puisque son président était prédestiné au rôle de Premier ministre en cas de victoire de la favorite des sondages, Marine Le Pen.

"Barbouzerie"

"Les banques sont toutes détenues par des Juifs"; "Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur", aurait notamment écrit Jordan Bardella, qui conteste "formellement" être l'auteur de ces messages.

"Pour Soral, je dis que ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les faits", aurait-il également écrit, en dénonçant une "soumission de la France à la logique sioniste".

L'enquête de Mediapart sortie lundi développe une "fascination" de sa part pour Alain Soral, l'idéologue antisémite et négationniste qui a rompu ses liens avec le FN en 2009.

Après les nouveaux éléments publiés par Médiapart, l'ex-Premier ministre et candidat à la présidentielle Edouard Philippe a estimé qu'"il est quasiment établi" que Jordan Bardella a tenu des propos "à caractère manifestement et scandaleusement antisémites.

"Il est totalement disqualifié. Si j'avais commis les mêmes écrits, à la seconde même, je partirais", a indiqué pour sa part le patron du PS, Olivier Faure.

Dans un long message publié sur X en fin d'après-midi mercredi, le président du RN avait assuré faire face à "l'accusation la plus ignoble qui (l')ait jamais visé".

"Je ne supporte pas cet affront (...) Je ne tolérerai jamais les campagnes orchestrées qui ont pour seul objectif l'exécution politique d'un homme", a affirmé M. Bardella, dénonçant "un traitement déloyal, injuste et mensonger".

Les accusations de Mediapart n'ont pas isolé Jordan Bardella au sein de sa famille politique, bien au contraire.

Même si avec cette affaire le RN doit de nouveau faire face à ses vieux démons, à savoir les accusations d'antisémitisme, le parti a fait bloc derrière son président, qui sera par ailleurs seul candidat à sa réélection lors du congrès à venir fin octobre.

La candidate Marine Le Pen, qui s'est encore affichée avec son dauphin mardi, a dénoncé une "barbouzerie", et a promis de "démonter" ces "manipulations bien lourdes et bien crasseuses". Elle a même suggéré à Mediapart "d'enfiler son costard en kevlar", la matière dont sont fabriqués les gilets pare-balles.

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5 commentaires

  • 22:15

    Oui, "une bien belle démocratie en somme", qui va jusqu'à inverser un référendum d'un trait de plume!
    Bon, mais si c'est ça ou qui me joue un...


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